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Silairye Tel'Syar - Roi d’Eressa, croissant de Lune

Silairye Tel'Syar
◈ Missives : 10

◈ Âge du Personnage : 128 ans
◈ Alignement : Neutre Bon
◈ Race : Eressae
◈ Ethnie : Clair de Lune
◈ Origine : Ann'Drah
◈ Localisation sur Rëa : Ann'Drah
◈ Magie : Magie Elémentaire : Vagues Déferlantes
◈ Fiche personnage : Silairye
◈ Crédit Avatar : Manwë by Gerwell

Héros
Silairye Tel'Syar

◈ Mer 26 Fév 2020 - 14:38

◈ Prénom :  Silairye
◈ Nom : Tel'Syar
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 128 ans
◈ Date de naissance : 1er cean de Siralon - 37 de l'Ere des Rois.
◈ Race : Eressae
◈ Ethnie : Clair de Lune
◈ Origine : Ann'Drah
◈ Alignement : Neutre bon
◈ Métier : Monarque du croissant de Lune
◈ Crédit avatar : Manwë by Gerwell


Magie

Magie élémentaire : vagues déferlantes

Sous le coup de sa fureur, les océans et mers, forment des vagues impétueuses, emportant tout sur son chemin.

Silairye ne peut créer l'eau. Pour que son pouvoir s'active, il doit se trouver à proximité soit d'une mer, soit d'un océan. Quant à la distance maximum de contrôle, elle s'étend sur une zone de 22 - 25 m. Sortie de ce périmètre, son magisme s'amenuise avec la distance.


Forces & faiblesses



Forces


⌘ Conciliant : Tel'Syar n'est pas un être plein de discorde ou aimant les querelles inutiles. Arrangeant, envers les âmes divisées, il cherchera toujours un compromis, une solution pour apaiser les tensions.

⌘ Altruiste : personne ne peut prétendre que le monarque est une âme intéressée et égoïste. Dévoué à la nation, à sa femme et ses enfants, il donne sans demander en retour. Autant humanitaire que charitable, Silairye marque les esprits des êtres par ses plans pour améliorer la vie du bas peuple et celle des orphelins.  

⌘ Tolérant : Doté d'une grandeur d'âme exceptionnelle, il juge que tout être mérite son attention, qu'importe sa naissance, sa sexualité, ses choix de vie. Il ne placera jamais la barrière de la différence, partant du principe que cette étroitesse d'esprit pourrait l'empêcher de s'ouvrir aux idées novatrices.

⌘ Stratège hors pair : que ce soit aux xiangqi, aux échecs ou dans la vie elle-même, le puissant parvient toujours à avoir un coup d'avance. Il arrive à déterminer avec exactitude les prochains actes de ses adversaires. Il est bien rare qu'il soit pris par surprise.

⌘ Inébranlable : même si le souverain de ces terres, dispose d'une nature plutôt bienveillante, il peut, à contrario se montrer d'une ferme résolution. Inflexible, comme si rien ne pouvait l'abattre, Silairye se refuse d'être influençable ou être trop souple avec ses sujets. Il sait que si par malheur, il était trop malléable, il se ferait dévorer par les hauts de ce monde.


Faiblesses


⌘  Sens du devoir : si pour beaucoup de quidams, il s'agit là d'une qualité presque chevaleresque, pour Silairye c'est une déficience. Poussé à son paroxysme, il met en avant ses responsabilités au détriment de lui-même.

⌘  Pragmatique à l'extrême : si son pragmatisme pourrait avoir une tendance valorisante, chez Silairye, c'est un défaut, tellement celui-ci est disproportionné. Si un malheur frappe ses proches, si un peuple entier souhaite du mal à sa nation, il serait en mesure de geler ses sentiments afin de pouvoir pratiquer des moyens peu orthodoxes pour la paix des siens. Peu ou prou lui importera, au moment présent, l'opinion publique.

⌘  Sans scrupule : en dépit de ce qu'on pourrait croire, derrière sa face bienveillante envers autrui, et son côté charitable, Silairye possède un pan de ténèbres, une part laide et sombre. Pour la sécurité de sa nation, pour ses proches, il n'aura aucun remord à faire chanter, à faire torturer autrui.

⌘  Ses proches : ses enfants ou ceux qu'il considère comme sa famille forment à eux seuls, un point faible des plus importants. Si le malheur s'abat sur eux, si leur propre survivance est menacée, Silairye devient une tempête bouillonnante, un être qui oserait utiliser tous les moyens nécessaires, mêmes les plus immoraux.


Physique

Les vagues déferlantes s'écrasent contre les flancs de la falaise sous le regard céleste du monarque. Debout près du vide, sa longue chevelure dans le vent, les bras longeant sa silhouette longiligne, aux muscles finement dessinés par ses entraînements aux armes, il observe l'horizon pastiché d'isatis. Il admire la beauté du soleil couchant se reflétant sur la fureur des eaux.

L'image éblouissante du déclin de l'astre solaire encore imprimée sur ses rétines, il ferme ses paupières, aux cils fins. Il profite du baiser glacé du mistral contre la peau pâle de son visage et son cou. De l'odeur saline de la mer et son chant caractéristique.

Alors qu'il se laisse bercer par la mélodie des flots, des bruits de pas se font entendre. Nulle peur ne défigure les traits raffinés de sa face. Le monarque ne se sent pas en danger. Il a reconnu les foulées. Sans égarer ses abîmes cristallins sur le nouveau venu, les pétales de ses lèvres, se descellent.

— Elëren. Qu'y-a-t-il ?

Souffle-t-il, de sa voix grave, mais posée.

— Le palais est en effervescence. Les ministres s'affolent de ne pas savoir où vous êtes. Aneirin tente de les tranquilliser, en vain. Quant à vos gardiens, ils déprécient l'idée de vous imaginer sans leur protection.

L'ancien conseiller vient se mettre au même niveau que le puissant. A sa droite, Il observe, du coin de l’œil son suzerain : sa posture digne, sa haute stature, les traits harmonieux de son visage, l'élégance de sa vêture qui souligne légèrement son corps athlétique. Un sourire ourle le coin de ses lippes face à l'aura apaisante qu'il dégage, la limpidité de son regard. Silairye, inspire le respect et la tranquillité. Il est une force sereine, paisible qui donne envie de s'épancher.

La tête couronnée reste silencieuse, comme pensive. Après quelques secondes d'immobilité, sa paume, aux doigts ceints par de multiples anneau d'argent, se niche sur l'épaule de son confident et ami.

— Bien. Je me suis que trop attardé. Rentrons au palais avant que la zizanie n'y règne.

Et les phalanges s'étant égarées se retirent. Silairye s'écarte du patriarche Aëhondariel. Il avance, de sa démarche majestueuse et fluide, comme celle d'un grand fauve au repos.

Se rendant compte que son vis-à-vis ne le suit pas, Tel'Syar arrête sa marche.

— Ne viens-tu pas ?

Questionne-t-il sans se détourner. Elëren cesse d'examiner sa majesté.

— Pardonnez-moi, majesté. Je vous suis.




Caractère

Les immenses parois enceignant le cœur névralgique du croissant de lune, sont en vue.  Face aux deux colossaux portiques, cerclés par deux hautes statues de garns, aux prunelles de pierre de lune, le roi s'arrête.

— Attends.

Émit sa majesté à son ancien conseiller. Son inféodé s'arrête, le regard interrogatif. Sans expliquer la raison de cette halte, les doigts, les doigts du souverain attachent la crinière d'albâtre, en une queue haute.

— Nous pouvons y aller.

Elëren ne cache pas son sourire. Tel'Syar aime se présenter au peuple, avec une allure noble et digne. Lacer la cascade de diamant de ses cheveux fait partie de ses priorités, comme si, la laisser ruisseler sur ses épaules, était une marque de désinvolture.

Alors que le monarque, suivi de son confident, pénètrent dans la cité, les gardes présents s'alarment de voir, le haut dirigeant, sans escorte.

— Majesté, laissez-nous vous conduire jusqu'au palais.

Fit le plus vieux des atlantes, d'une voix confiante, malgré l'inquiétude charriée dans ses veines.

— Non. Nulle menace ne pèse sur nos têtes. Puis, Aëhondariel veille sur ma propre sauvegarde. Je crois en ses capacités.

L'ami et confident du puissant aurait apprécié savoir le roi en sécurité. Mais, il ne peut décemment ni aller contre sa décision ni contre sa confiance.

— En êtes-vous certain ?

— Oui.


Souffle le roi. Même s'il comprend leur crainte, quasi viscérale, il refuse l'escorte. S'il était seul, l'acceptation aurait été de mise. Sans rajouter le moindre susurre, à l'intention des soldats, il reprend sa marche, à sa suite Elëren. Ce n'est qu'une fois loin de toute oreille, que son vis-à-vis l'interroge.

— Mon roi, pourquoi avez-vous refusé l'escorte ?

—  Nous ne sommes pas dans une ère sombre, Elëren. Quant à ma décision, elle est réfléchie... Laissons pour une fois, le peuple interagir avec leur souverain, sans le voir bardé d'innombrables épées.


Le patriarche reconnait là son suzerain et cette bonté qui le caractérise. Il pense au peuple et à leur bonheur avant tout.  

— Rentrons...

Alors que la demeure royale est en vue, un couple, composé d'un atlante d'âge mûr et une femme, gestante, leur barre le chemin. Craignant pour la vie du puissant, l'ancien conseiller se positionne entre le roi et ce qu'il pressent comme une menace. Sa main s'approche de son épée.

— Paix, Elëren. Je ne sens aucune animosité à notre égard.

Les lagons célestes de Silairye se darde sur la future mère et son compagnon. Un sourire vient fleurir sur son visage, donnant à sa face, un air plus avenant.

— Ne craignez pas sa lame et parlez en paix. Je vous écoute.

— Je vous remercie, majesté.


L'homme montre le ventre arrondi de son épousée.

— Nous aimerions que vous baptisiez notre enfant à naître.

— Juste ceci ?

— Oui, majesté. Avoir un nom, choisi par vous lui portera chance.


Achève la femme, un sourire, aussi chaud que l'été, illuminant ses traits.

— Soit.  

D'un regard, le souverain cherche aval. L'ayant obtenu, sa paume de main s'appose sur le ventre de la future mère.

— Il se nommera Sylarien.

— Merci, ô grand merci.


Dirent le couple, en chœur, non sans baiser la main royale, avant de partir. Elëren émet tout fort, ce qu'il pense tout bas.

— Le peuple vous aime, Majesté.

Tel'Syar soutient le regard d'Elëren, un sourire affectueux sur le visage.

— Je m'évertue à le rendre heureux, en me montrant le plus juste possible avec chacun des membres le composant. Un monarque n'est rien sans la nation qui peuple son royaume.  




Inventaire


Tel'Syar, en tant que souverain, possède tout... Des vêtements, des montures, des domestiques.


Histoire

L'hiver est là... La journée décline lentement, faisant place doucement à la nuit. Il est bientôt l'heure pour le dauphin d'arrêter ses études. A défaut de jouir de sa liberté, il apprend assidûment ses cours. Alors qu'il est plongé dans sa lecture, il sent braqué sur lui, le regard fier de son précepteur. Le vieil atlante, a de multiple fois, targué son travail émérite et la curiosité dont il fait preuve.

Le jeune Silairye lève soudainement sa tête, dérangé par une question qui lui brûle les lèvres, depuis fort fort longtemps. Ses lagons célestes soutiennent les mires azurites tandis que ses lippes, se décollent.

— Pourquoi nous, atlantes, déprécions autant l'humanité et les regardons de haut ? Les Valdurs sont-ils une race décadente et cruelle ? Je... m'interroge sur cette réalité qui me paraît faussée.  

Un sourire illumine les traits du visage, gagné par l'âge, de l'un des êtres, s'occupant de son éducation. Touchant la naissance de sa barbe, d'une main, il pose l'autre sur la table.

—  Les Valdurs sont une race primitive... dont la pluralité aime se plonger dans la guerre et le sang. Pourtant, il existe des exceptions.

— Les érudits !


Fit enthousiaste le futur roi.

— En effet, mon Prince.

Achève le précepteur. Voyant le désir d'en connaître davantage dans les mires du Dauphin, il poursuit.

— Même si ce sujet vous intéresse, ne cherchez pas à nouer contact avec ces esprits remplis de savoir. Ce serait mal perçu par les hauts de ce monde et votre père, le roi.




Debout devant la glace, Silairye observe son reflet dans le miroir. Si l'image renvoyée montre un atlante, remplit d'assurance, dans sa poitrine, il éprouve un manque qu'il n'a pu satisfaire étant petit : sa curiosité infantile, pour les races pensantes de Rëa, demeure inaltérable, même aujourd'hui. Dérangé par ce qu'il voit comme une lacune, comme une tare, à son règne prochain, le Dauphin compte rendre visite à Lorel Syal'Telar.

Cet être, puits de savoir et de science, saura combler ses connaissances - maigres et infidèles - acquises seulement dans les livres. Les Elëars, les Nains, les Valdurs si méprisés par ses pairs, ne seront plus pour lui, des élucubrations faussées ou incomplètes.

Impatient d'engranger de nouveaux savoirs, il attend que ne vienne, celle qu'il a fait demander. Après de longues minutes, paraissant interminables au Prince, le mécanisme de la porte s'enclenche. Il n'a pas besoin de se retourner pour savoir qu'il s'agit d'elle.  

— Thémis... Merci d'être venue.

Il se tourne, afin de faire face à la susnommée. Son regard céleste, remplit de sa propre détermination, soutient les mires lagunaires de celle qu'il estime et apprécie. Avant même que les questions ne s'extirpent hors des pétales des lèvres voisines, il explique la raison de sa présence.

— Je compte voir ma parentèle proche : le souverain des abysses. Acceptez-vous de m'y accompagner ?

Droit et noble dans sa posture, il dissimule pourtant sa crainte future, la réaction potentielle du monarque. Leurs sporadiques rencontres ne se sont déroulées que de manière diplomatique entre les deux nations atlantes, lorsqu'il était encore enfant. Et depuis, ils ne se sont que vaguement croisés.

Les mires calmes de l’atlante s’imprègnent de sévérité.

— Avez-vous notifié votre cousin d’une quelconque manière ? Vous le savez autant que moi majesté, le Roi de la cité engloutie est un homme occupé et de souverain à souverain, il serait déplacé de votre part de le visiter sans préavis.

Silairye ne dit mot. Conscient de ce fait. De cette réalité. Et de son audace. Il pourrait, en effet, le prévenir de son arrivée imminente, cependant, cela ne ferait que reporter leur rencontre.  

— Vous est-il impossible de remettre ce projet à un autre jour ? Je pourrais tenter de répondre à vos questions si cela vous convient.

La noble marque une pause afin d’observer la réaction du dauphin qui ne semble que peu satisfait par la réponse de son adjointe. Thémis soupire légèrement, se redresse et, tout en arborant un sourire abdicataire, malicieux et nostalgique elle lança au jeune prince :

— Toutefois … Si jamais il vous prenait l’envie de vous rendre dans la cité engloutie sans me demander mon avis, je serais dans l’obligation de vous accompagner. Après tout, ma tâche est de me trouver à vos côtés.


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Les foulées de Silairye sont amples. Elles ne sont que le reflet de son envie de voir son cousin, désir si longtemps refoulé, brimé par la crainte de s'extirper du carcan dont il était jadis prisonnier. Attristé son père, en allant contre l'un des ordres primordiaux, jamais l'idée ne lui avait effleuré l'esprit. Cependant, il ne peut pas rester indéfiniment l'oiseau en cage, se pliant aux desiderata.

L'idée même de vivre son existence, à regarder à travers les barreaux dorés de sa prison, l'asphyxie. S'il veut devenir un grand roi, il ne doit pas s'arrêter sur les idées préconçues des atlantes sur les divers êtres pensants. Il doit se forger lui-même avec les expériences de la vie et les connaissances sur chacune des races qui peuplent Rëa.

Alors qu'il s'emmure dans un profond silence, il sent peser sur lui, le regard quasi constant de Thémis. Elle doit deviner ses pensées les plus abyssales. Un court instant leurs mires se rencontrent avant de fixer un point lointain. Il s'agit du souverain des abysses, reconnaissable au centre de la foule, par sa haute stature, par sa crinière de ténèbres liquides ruisselant sur son dos, par sa beauté exquise.

L'homme finit de distribuer au peuple, la nourriture convoyée depuis Ann'Drah. La masse, n'ayant plus de vivres à recevoir, se retire, laissant seuls, le monarque et sa garde. Alors qu'il se tourne pour partir, un soldat lui fait comprendre qu'il a de la visite. Un sourire affectueux vient ourler les pétales de ses lèvres tandis qu'il va à la rencontre de Thémis.

— Thémis, ma chère. Vous êtes toujours si éblouissante.

Il ponctue ses phrasés par une étreinte chaleureuse, tendre et chaste. Avant de la lâcher, sa bouche vient poser sur le sommet du front, un doux baiser.

— Vous voir, me ravi toujours autant. Comment vous portez-vous ? Et votre père, Elëren ?  

Questionne-t-il avant de porter son attention sur son cousin, à demi dissimulé derrière son ajointe.

— Silairye, mon cousin. C'est un plaisir de vous voir.

A la prononciation de son prénom, le Dauphin cesse de se cacher. Voyant son embarras et sa difficulté de le regarder en face, la paume du Roi vient se poser dans la crinière de diamant.

— N'ayez crainte, nul grief n'est porté contre vous. Je connais assez votre père pour savoir qu'il n'apprécie guère ma passion pour les Valdurs et, qu'il doit vous tenir éloigné de moi, par crainte que je ne vous altère.  

Ces mots, aux sonorités graves, brisèrent la crainte de Silairye, d'avoir déplu à son parent proche. Un sourire, relativement doux, vient ourler les coins de ses lèvres.

— Merci. Vos mots sont pour moi, un baume sur le cœur. Ils m'apportent la paix.

Syel'Telar enlève sa main, satisfait d'avoir su calmer le trouble de Silairye.

— Thémis, avec vous à ses côtés, je devine que notre cher ami, deviendra un roi juste et bon. Vous ne le laisserez pas se corrompre.  

Ces mots se meurent alors que la tête couronnée montre le chemin du palais.

— Suivez-moi.


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Le soleil se couche. Il est temps de partir. A regret, Tel'Syar quitte la cité des abysses, le cœur lourd de devoir retourner dans sa cage. Pour ces quelques heures, il fut libre, il fut libre de pouvoir s'intéresser au sujet qui crée discorde entre lui et le souverain actuel, son père. Le ravissement qu'il a éprouvé à débattre avec Lorel est mort, en même temps que ses pas le conduisent sur le chemin de l'ile du croissant de lune.

Âpre est pour lui, la rentrée. Il imagine sans difficulté la fureur du monarque. Son regard courroucé… Et sa voix tempétueuse. Un instant, sa marche cesse, provoquant le haussement de sourcil de Thémis.

— Majesté, que se passe-t-il ?

L'héritier du trône pose ses lagunes célestes sur le visage de son adjointe. Il hoche négativement la tête.

— Jusqu'ici, je m'accommodais des pâles libertés offertes. Et rejetais l'idée de me rebeller. Mais, aujourd'hui, je me suis extrais moi-même de ma cage…

Avant même que sa vis-à-vis puisse émettre le moindre susurre, il poursuit.

— Thémis, cette sortie sera vue comme un acte d'insubordination. Elle sera très mal perçue, par le roi, mon père. S'il avait eu d'autres héritiers mâles, il m'aurait surement, pour cet affront, déshérité du trône.

Ses derniers phrasés sont une décharge d'émotions, celles que ressent le Prince. Colère, tristesse, rage, abandon. Porté par ces affres, son cœur palpite fort dans sa poitrine, ses poings se ferment jusqu'à faire blanchir ses phalanges. Prisonnier du typhon, cette gangue noirâtre d'émotions, il sent à peine la paume rassurante de Thémis, se poser sur son épaule.

— N'ayez crainte. Il n'arrivera rien… Le roi, votre père, même s'il se montre strict à votre égard vous aime. J'en suis intimement persuadée.  

C'est un regard chargé d'agitation qui coule sur la face de son adjointe. *Si seulement* pense-t-il fort. Au plus profond de lui, il souhaiterait réellement que son géniteur éprouve de la vanité, d'avoir engendré un héritier à la hauteur de ses attentes. Mais, espérer que son père éprouve de la fierté à son égard reste un doux songe éveillé.

— Nous verrons cela, Thémis.

Prononce-t-il d'une voix dubitative avant de reprendre la marche. Il est temps de repartir. Pendant la traversée nocturne d'Ann'Drah, pas un susurre ne fut soufflé, pas un regard qui se croise. L'héritier, est perdu dans ses pensées. Marchant aux côtés de Silairye, Thémis ne cherche pas à le forcer à dialoguer.  

C'est donc dans un silence mortuaire qu'ils parviennent au palais, là où les attend le monarque. Un regard venimeux foudroie Silairye. Mal à l'aise, le Dauphin s'approche de la haute figure royale. Il est accueilli par une dextre caressant violemment le galbe de sa joue. Pas un mot ne s'extrait de sa gorge alors que les lèvres du monarque se décollent.

— Si je m'abuse, tu as été dans la cité des abysses, malgré l'interdiction de t'accointer avec Lorel. Tu sais ce qui arrive lorsqu'on va à l'encontre de mes ordres ?

Les mires royales se portent sur ses gardes.

— Emmenez le Dauphin dans ses appartements, afin qu'il réfléchisse à la faute commise.

Alors qu'il ne reste plus qu'une partie des défenseurs, sa majesté et Thémis, l'adjointe du Dauphin s'approche d'un pas, du puissant.

— J'ai manqué à mon devoir en échouant à expliquer les enjeux de cette sortie au prince. Peut-être mon passé avec le roi des abysses aura fait de moi un mauvais exemple pour notre jeune dauphin.

En réponse à son excuse, un rire, s'échappe des lippes du roi. Lorsque les sonorités rieuses se meurent, ses lèvres se décollent.

— Non, ma chère, vous n'y êtes pour rien. Silairye est juste trop empressé d'en savoir davantage.  

Un silence pesant s'installe avant que la tête couronnée ne poursuive.

— J'escomptai, à la demande de votre père, lui offrir l'opportunité d'être le lien entre la cité des abysses et l'île du croissant de lune. Mais, le fait qu'il brava l'interdit me laisse légèrement agacé.  

L'aînée Aëhondariels hoche négativement la tête.

— Soyez indulgent envers lui. Offrez-lui cette fonction. Vous vous rendrez compte que le Dauphin saura gérer cette responsabilité.

Thémis soutien les mires du roi.

— Il n'attend qu'une chose, c'est que vous le faites participer à la vie de la cité et que vous lui faites un peu confiance. Ce rôle sera instructif et enrichissant pour lui et, surtout, renforcera vos liens.  

Un sourire en coin fleurit sur le visage du puissant à l'écouter.

— Vous ferez une merveilleuse épouse, ma chère Thémis. N'êtes-vous pas intéressé par le dauphin ?

De longues secondes s'écoulent, le temps à l'atlante de reprendre ces esprits : la question l'ayant légèrement décontenancée. Le souverain de ces terres patiente. Il comprend que son interrogation puisse déconcerter.

— Non.

Fit enfin Thémis en s'agenouillant devant le monarque.

— Mon roi, je vous remercie de l'honneur que vous me faites cependant, il m'est impossible d'endosser ce rôle. Je ne pense pas disposer des qualités suffisantes pour prétendre à une telle responsabilité. De plus, mon amour pour votre fils n'est en aucun cas de cette nature. Je ne pense pas qu'il soit pour moi possible de me montrer à ses côtés après toutes ces années passées à l'instruire. Mon rôle est de rester dans son ombre afin de lui apporter le soutien dont il à besoin et pour cette fonction, de tels sentiments ne seraient qu'entrave à mes actions ainsi qu'aux siennes. Vous trouverez, je n'en doute point, bien meilleure candidate que moi pour emplir son cœur de joie et de tendresse.


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Trainé jusqu'à ses propres appartements, le Dauphin ne résiste pas. Il sait que cette action irait contre l'autorité royale et ne ferait que provoquer davantage la fureur de son père. La joue encore lancinante, les yeux dans le vague, Silairye ne prête pas attention aux défenseurs. Sans un bruit, sans un murmure, ils activent les artefacts. Une lumière diffuse envahit bientôt la pièce, chassant l'obscurité profonde.

Après un désolé mon prince, ils quittent la chambre. Assombrit, l'héritier du trône, s'emmure dans un silence de plomb alors que la porte se ferme derrière son dos. Dans la gangue de ses pensées les plus houleuses, il espère que Thémis ne sera pas sanctionnée. Loin de se douter de leur discussion, il s'installe sur le lit, replié sur lui-même.

Le temps file. Le mécanisme d'ouverture s'enclenche. Immobile, comme une statue de marbre, Silairye ne cherche pas à connaître l'identité de l'arrivant.

— Mon Prince. N'en voulez pas à votre père, le roi.

Exprime Elëren avant de poursuivre, ses orbes lagunaires dardés sur Silairye.

— Il vous destinait à être le lien entre nos deux états.  

Surpris par cette information, la tête de l'unique fils du puissant, quitte le refuge de ses bras.

— Est-ce vrai ?

— Oui, mon Prince.  


Silairye se montre méfiant, vis à vis de la nouvelle.

— Même si vous aviez du mal à y croire, il s'agit de la stricte vérité.

Le Dauphin ferme à demi ses paupières.

— Pourquoi tel changement après m'avoir traité si longtemps comme un oiseau en cage ?

Le conseiller de sa majesté hoche négativement de la tête.

— Je suis contris que vous ayez eu cette impression. Le roi ne vous a jamais vu tel quel. Bien qu'il semble strict à votre égard, il vous aime. Il cherche juste à vous surprotéger du mal que peut vous causer, votre propre curiosité.

Un sourire affable vient relever les coins des lèvres du conseiller.

— Et, pour être honnête, votre père ne sait pas comment s'y prendre avec vous. N'ayant pas connu son propre géniteur, il ignore la manière de procéder.

Et il achève par un.

— Gardez sous silence cette information. Votre père dépréciera l'idée même que ce secret soit divulgué.

Un lourd silence s'abat dans la pièce. Voyant que l'héritier du trône est plongé dans les méandres de ses pensées, Elëren se retire.





Le premier Ellsya d'Elye de l'an 0 marque les esprits de tous. Sous le regard curieux des badauds, les dignitaires de chaque nation, Valdurs et Elëars, viennent de franchir les immenses portiques de la cité état, de l'île du croissant de lune. La masse grouillante des fouineurs, mi amusée, mi moqueurs, s'approche des rois et reines. Alors que la tension s'installe, que les mains des protecteurs, s'approchent des épées, une voix s'élève, impérieuse.

—  Faites place à nos invités.

En écho au commandement, la foule compacte se scinde, formant un chemin aux souverains étrangers. Silairye, chevauchant un destrier aussi sombre que les ténèbres, vient à leur rencontre. Sa tête s'abaisse le temps d'un battement d'ailes. Lorsque ses orbes célestes s'égarent sur les visages, ses lippes se décollent.

— Vous êtes la bienvenue, dans notre mère patrie.

Digne et roide, sur son cheval, l'héritier du trône reprend la parole.

— Je vais vous conduire aux Rois de ces terres. Suivez-moi.  

Des hommes, des femmes, venus avec l'Infant traduisent dans chaque langue, les propos princiers. Le message étant passé, l'agitation naissante étant apaisée, Silairye, à la tête de ce cortège composite, annonce le départ. Alors que les Elëars restent distants, vis à vis de la splendeur des demeures et la complexité des machineries, les Valdurs, et particulièrement les rois des contrées glacées, observent avec avidité et envie.

Loin de chercher à deviner ce qui traverse les esprits de ces rois guerriers, l'Infant les mène jusqu'à la demeure du monarque, sous le regard des curieux. Sur ses gardes, Thémis, les défenseurs présents, tout au long du trajet, veillent à la sécurité du Prince. Ils savent tous qu'un tel rassemblement n'est pas sans danger. Un élément perturbateur peut s'y dissimuler et attendre le moment propice pour attaquer.

Parvenu devant la haute et imposante demeure qui l'a vu naître, Silairye, ainsi que son adjointe, pose pieds à terre. Thalanil observe ses invités, tour à tour.

— Bienvenue sur nos terres.

Fit-il d'une voix forte et audible pour tous.

— Merci, mes chers, d'avoir fait le voyage jusqu'ici.

Poursuit Lorel, en ouvrant ses bras en grand, avec un visage doux et accueillant. Des murmures s'entendent face au contraste que leur offre les monarques : l'un étant aussi lumineux et chaud que l'été et l'autre austère et froid comme l'hiver.

Le regard sévère de Thalanil force le calme.

— La séance commencera dans une heure.

Syal'Telar ne s'offusque pas du ton rude, utilisé par son confrère. Il sait à quel point, ce moment s'avère pénible pour lui, voir irritant.

— Vous aurez le temps de vous rafraîchir. Des serviteurs et des chambres vous seront alloués.

Souffle Lorel, apaisant les rois et reines éreintés par le voyage.

— Suivez-moi.


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Alors que les monarques étrangers sont rassemblés dans la salle du conseil, installés sur des chaises confortables, le soleil est déjà haut dans le ciel. Sans être invités à prendre la parole, les rois Alsderns cherchent querelle aux puissants Vrëens. Cette altercation, digne d'enfants de bas âge, assombrit Silairye. Lui si emplit de joie, de rencontrer les Valdurs, constate que les livres dont les propos restaient éhontés, possèdent dans leurs pages, une part de vérité. Alors qu'il est fier et droit, en attente, presque déçu de constater qu'il les avait trop idéalisés, il sent le regard de Thémis peser sur lui. Celle-ci pose distraitement, le soupçon d'un instant, une main sur son épaule, tout en fixant les puissants.

Ne voulant plus assister à ce spectacle déplorable, il darde ses mires sur Thalanil. Son père, pourtant patient, semble échaudé. Sans surprise, il intime le silence. Les bouches se ferment et les prunelles de tous s'apposent sur lui.

— Vous n'êtes pas ici pour vous chamailler comme des enfants... Mais pour des sujets plus graves et importants.

Lorel, visage avenant, s'exprime ensuite.

— Nul besoin d'altercation. Vous êtes venu, en alliés sur nos terres, pour vous mettre d'accord sur deux points qui vous séparent tous et vous rendent vulnérables, face à la menace ordhaleron. Tachez donc de vous entendre et mettre de côté vos différends.

Non sans surprise, la verve de Syal'Telar et ses mots choisis avec soin annihilent les tensions. Plus calmes et prêtes à discourir, les têtes couronnées fixent les deux représentants atlantes. Si certains jettent un regard curieux sur Silairye, bien vite ils l'occultent de leur esprit, pour son propre plaisir.

Lui-même ne souhaite point être le centre d'attention ou l'être qui les distrait. Les Valdurs et Elëars sont venus, sur ces terres dites neutres, pour un but précis, se mettre enfin d'accord sur leur langue d'état et, sur leur monnaie commune. Dans son for intérieur, il se questionne. Ces âmes, que tout oppose, parviendront-elles vraiment à arriver sur un arrangement ? Une petite part de lui aimerait.

— Maintenant que la tranquillité est revenue, nous pouvons délibérer. Quelle langue sera usitée par tous les peuples, sans distinction ?

La question divise les êtres, comme un caillou dans la mare. Le chaos, qui n'était plus, renaît. Les empereurs inoës, les rois alsderns, les rois vrëens, outre Odion de Dévéra, se coupent la parole, s'échauffent, présentent leur dialecte comme le seul et l'unique méritant.

Les bras le long de son corps, le visage neutre au possible, l'héritier de la couronne voit ses rêves balayés. Jamais, il n'avait imaginé que les hommes, étaient aussi disparates. Dans son imagination d'enfant, il les percevait comme unis face à la menace. Capables de discrétion. D'entente. Mais cette "mascarade" lui prouve l'inverse. Seul le profit compte pour la majorité.

Ce visage égoïste, impoli, déplaît à Silairye qui, imaginait les Valdurs autrement. Cette comédie perdure dans le temps, l'excédant, lui et visiblement son géniteur. Thalanil, irrité, ne peut s'empêcher d'exprimer de vive voix, un silence.  

— Êtes-vous donc incapables de communiquer autrement que comme des primitifs ?

Les mots prononcés sont de l'huile sur le feu. Les monarques Alsderns se lèvent, prêt à éventrer cet être se pensant supérieur à eux. Alors que Syal'Telar leur fait un signe de paix, Silairye, Thémis, des gardes se sont mis devant leur roi, prêt à défendre sa vie. Visage déterminé, main sur leur arme, ils ne laisseront pas aux nordiques le soin d'approcher leur suzerain.

— Mes chers, calmez-vous. Mon confrère vous a certes, insulté, mais, vous lui donnez raison, en laissant votre sang charrier colère et violence. Prenez exemple sur Odion de Dévéra, Nzinga Juwayria ou ses Majestés Elëars. Depuis le commencement, ils sont restés discrets.

Les regards des rois, empereurs et reines étrangers se posent sur les susnommés. Les puissants, des contrées gelées jettent une œillade haineuse sur Thalanil avant de se rasseoir. La menace écartée, le Dauphin, désenchanté et sur ses gardes, reprend sa place à la gauche de son père.

— Comme vous ne parvenez pas à vous mettre d'accord, nous choisirons le dialecte voté par la minorité.  Votre langue commune sera donc le Kaerd.

L'agitation monte dans le rang des souverains étrangers. Silairye craint à nouveau qu'ils se divisent. Qu'ils se disputent. C'est sans compter sur Lorel, qui fait un pas dans leur direction et qui, par ses mots, cherche à dénouer les tensions.

— Mes chers, nous avons mûrement réfléchi avant de vous l'imposer. Ce dialecte est propice aux échanges. Il est plein de grâce mais aussi plus simple et sans trop de fioritures, avec des nuances très précises sur de nombreux concepts de l'abstrait qui manqueraient à d'autres. Il est idéal pour vous unir face à la menace ordhaleron.

L'Infant voit les souverains alsderns renifler de dédain. Il les imagine outrés de devoir parler la langue des êtres qu'ils abhorrent. Et, hélas, ils ne furent pas les seuls. Car la Même si le parler était choisi, par une minorité, Silairye sait que le débat durera longtemps. Le Dauphin n'eut pas tout à fait tort.

Après six longs jours, de débat, de dissension, d'opposition ou divergence d'opinion, le Kaerd est accepté par la majorité, pour le plus grand agacement de la minorité. Heures après heures, l'opposition a tenté de trouver des failles. Mais hélas pour eux, à chaque fois, il a été prouvé que le Kaerd, par sa joliesse, sa simplicité, et ses nuances accessibles était le choix parfait.

Le Dauphin, qui a participé, à toute les réunions savait.... Certains n'allaient pas imposer à leur nation, la langue commune. Tandis qu'il observe ces monarques étrangers, la voix de son père résonne.

— Maintenant que vous êtes « d'accord » sur ce sujet, nous discourrons de la monnaie commune dans une heure.

Alors que les têtes couronnées quittent la pièce, Thalanil pose ses abîmes lagunaires sur son fils.

— Je suppose que tu n'y participeras pas ?

Silairye hoche négativement la tête.

— Non père.

Un sourire ourle les lèvres du monarque.

— Je me doutais tu me répondrais ainsi. Mon fils, tu n'as pas digéré le fait que les Valdurs ne sont pas si idéaux que cela. Je savais que tu encourrais la déception, le moment même où tu rencontreras leurs représentants. C'est pourquoi je t'ai tant éloigné d'eux...

Et il achève par.

— Tu peux partir.





Silairye se sent amer. S'est achevée sa liberté. Après soixante-treize ans de liberté, il va être marié. Dans quelques minutes, l’Élu de l'Oracle va l'unir à une femme choisie par son père. Une beauté atlante, qui n'a pas réussi à saisir son cœur. Son palpitant bat pour une autre, une autre insaisissable comme l'air. Malgré le fait de savoir que ses sentiments ne seront pas partagés, son amour a toutefois fleuri. Un amour pur et chaste, inavoué.

Un amour qu'il éteindra, car il n'est que de trop.

Alors qu'il chemine vers le lieu de l'union, en ayant revêtu le masque d'acier, il sent les phalanges du roi, son père, peser sur son épaule. D'une certaine façon, il encourage son fils à avancer, comme s'il craignait qu'il ne fuie.

— Je n'esquiverai pas ce mariage, père

Souffle bas, Silairye, d'une voix convaincue même si le cœur n'y est pas. Silencieux, droit et digne, dans sa posture, il écoute les paroles liturgiques. Lorsque l'union est prononcée, on lui retire le masque qui lui ceint la tête. Ses orbes célestes vont à la rencontre des mires voisines. Alors qu'il découvre à nouveau le visage de celle qui partagera sa vie, que la main de son épousée lui caresse le galbe de sa joue, il éprouve un vide que rien ne peut combler.


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Les festivités sous la lune s’achèvent. Silairye, suivit d'Aneirin, rentrent au palais du roi. Tandis que la porte se ferme derrière son dos, son épousée s'allonge sur le lit. Voyant le prince immobile, se contentant de la fixer, son sourcil se hausse. Son bras se tend dans sa direction.

— Vous ne venez pas, mon Prince ?

L'Infant, même s'il admet que sa femme possède une beauté seigneuriale, n'éprouve nul désir pour elle. Il a plus l'envie de quitter la pièce que de la rejoindre entre les drapés. Comme si elle sentait son envie de fuite, elle se lève. L'enlace. Dépose un baiser sur son cou. Ses phalanges prennent en coupe le menton de Silairye.

— Peu m'importe que vous ne m'aimez point, tant que vous êtes mien, je suis satisfaite.

Sa main vient ensuite prendre le poignet du prince. Elle tire.

— Venez. Si ce n'est pas par amour, faites-le par devoir.

Silairye déprécie qu'on joue de son sens du devoir. Il jette un regard plein de sévérité à sa compagne.  

— J'abdique. Mais sachez ma chère, que je ne cautionne pas le fait de jouer de ma corde sensible.  

En écho à ses paroles, Aneirin lui lance un sourire. Elle le sait et elle n'éprouve nulle honte. Pour lui prouver, elle effleure les lippes voisines de sa bouche. Avant d'offrir un baiser possessif.

— Vous ne regretterez pas.

Clame-t-elle quand les lèvres se décollent avant de retourner au lit, son époux la rejoignant. De cette union consommée, naîtra une petite fille : Ciradyllë.




C'est apaisé que le monarque vieillissant, rejoint l'océan sous le regard de son fils, d'Elëren, de Thémis, de sa belle-fille et Ciradyllë, dans les bras de sa mère. L'enfançonne remue ses mains boudinées, dans le vide, un sourire rayonnant illuminant ses traits poupins. Elle est bien trop petite encore pour comprendre ce qui se passe. Pour comprendre la perte d'un être. La notion de mort n'existe pas encore pour elle.

Silairye, silencieux, voit son père partir. Ne devenir qu'un point dans la vastitude des flots. Alors qu'un désir, innommable de le retenir lui griffe la chair, l'étreint comme une douce amante, la main d'Elëren s'appose sur l'épaule de l'héritier.

— Il est temps pour lui de rejoindre l'océan. Ne cherchez pas à le rattraper, mon Prince.

Thémis prend la main de Silairye, sachant que cela aurait l'effet escompté : avoir son attention complète.

— Vous ne pouvez pas laisser un peuple sans roi.  

Un sourire tendre vient naître sur les lèvres de Silairye alors qu'elle relâche sa main.

— Il est de votre devoir de prendre la suite de votre père, mon époux.  

Achève Aneirin, faisant disparaitre le sourire de son mari, dépréciant toujours l'énonciation de ce mot. Le « devoir ». Il jette un regard profond sur sa femme avant de faire volte-face.

— Ne faisons pas attendre l'Elu de l'Oracle.  


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Devant l'Elu de l'Oracle, Silairye se tient à genoux, la tête baissée.

— Consentez-vous à devenir un bon roi pour votre peuple ?  

Le Dauphin sait déjà quoi répondre. Ses mots s'échappent de la porte de sa bouche.

— Je consens à servir ma nation, à la gouverner de la plus juste des manières.  

La couronne d'argent, de saphirs et de diamants pèse bientôt sur sa tête. Après votre main, l'anneau de pouvoir ceint son auriculaire gauche. Il est dorénavant le roi de l'île du croissant de Lune. Et pourtant, il ne se sent pas joyeux. Il vient de perdre son père.

Alors qu'il s'installe sur l'assisse royale, sentant les chaînes du pouvoir, s'enrouler autour de lui Aneirin, sourire victorieux relevant les coins de ses lippes, s'assoit à sa droite. Elle est enfin reine de ces terres.





Alors qu'il rédige une lettre cryptée à l'intention de son cousin déchu, on frappe à sa porte. Le visage de Silairye se lève. Il incite l'être à entrer.

—  Une missive du patriarche Aëhondariel.  

Fait le messager à l'adresse de son suzerain en lui tendant la missive sur un coussin opale.

—  Bien. Merci. Tu peux partir à présent.  

Achève Tel'Syar après avoir pris le parchemin. A la lecture du message, une rage, innommable, dévoreuse, sourde dans sa poitrine. Une colère profonde qu'il n'a plus ressentie depuis que l'Usurpateur a pris le trône. Ses mains serrent le vélin.

—  Comment !?

A cet éclat, Aneirin porte un regard curieux sur son époux.

—  Que se passe-t-il, mon aimé ?

Les mires célestes de Silairye, voilés par la colère, s'ancrent dans les lagunes voisines.

—  Ëadrin, Thémis, Céos ne sont jamais parvenus à Dehernatbi...

En écho aux mots, les épaules de la reine se soulèvent et se rabaissent.

—  Pourquoi s'emporter de cette façon ? Ce n'est pas grave ...

Le puissant se lève soudainement, de toute sa hauteur. Sa paume de main frappe fort le bureau. La nappe noire, de l'encrier s'écoule sur le bois, tachant la missive envoyée par Elëren.

—  Pas grave, dis-tu ? Dirais-tu cela si un jour, Ciradyllë disparaissait ?

En écho à la question, son épousée blanchit. Elle regrette immédiatement la jalousie dont elle a fait preuve et sa réplique vipérine.

—  Mettons tous les moyens en œuvre pour les retrouver.

Finit-elle par dire.

— C'est ce que j'escomptais faire...


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Malgré ses mots, Silairye n'a rien trouvé. Pendant deux jours, ses espions ont ratissé les iles proches d'Eressa, en quête des renégats exilés. En vain. Pas un soupçon, de preuve. Pas même un banni ne fut assez fou, pour demeurer proche de ses terres. Alors que la rage, qu'une colère noire sourde contre les responsables et lui-même, personne ne parvient à l'apaiser. Pas même sa femme.

Aneirin, finalement agacée de le voir comme une bête en cage, hermétique à toute interaction de sa part, fait chambre à part. Ciradyllë, perdue par les agissements de son géniteur, et les larmes de sa mère, se sent triste. Sans tenir compte de l'ordre de sa gouvernante, elle entre dans les appartements royaux. Elle regarde son père, avec des mires pleines d'incompréhension.

— Père, que se passe-t-il ? Maman et toi, êtes en froid... Et tu n'arrives pas à me sourire. Mère a fait quelque chose ? Tu ne m'aimes plus ?

Face à l'émoi qui fait trembler les mots de sa fille, Silairye s'arrête. Il vient à la rencontre de la chair de son sang. De son trésor. Il bise le front de l'infante. Puis, il met un genou à terre, afin d'être à son niveau.

—  Non, Ciradyllë, ta mère n'a rien fait. Et, je t'aime plus que tout.

Un sourire triste, ourle les coins des lèvres princières.

— Pourquoi ne me souris-tu plus ?

Silairye se rend compte que dans sa fureur aveuglante, il a oublié le plus important : le bien être de Ciradyllë. Regrettant sa bêtise, il se promet de ne plus recommencer.

—  Ëadrin, Thémis, Céos n'ont pas été retrouvés. Je m'inquiète. Pardonne-moi, ma fille, d'avoir oublié mon rôle de père. Rien ne devrait me faire oublier, ton propre bonheur.  

Il n'ose pas formuler tout fort, qu'ils sont soient morts en mer, soient enlevés. Pour rien au monde, il ne souhaite qu'on retrouve un jour, les corps de ses proches. La Dauphine prend un air anxieux, incapable de savoir les pensées de son paternel.

—  Ils sont en danger ? Père, pourquoi tu ne m’as rien dit ?  

Un court instant s’écoule avant qu’il se rende compte de son erreur. Il voulait la préserver du mal, du monde des adultes, mais, en cela, n’est-ce pas cruel ? Âgé de huit ans, sa fille est en mesure de comprendre les choses.

— Je voulais t’épargner, ma fille. Mais, je n’ai fait, en me fermant à tout, que te faire souffrir. Pardonne-moi.    

A peine souffle-t-il ses mots, à nouveau, un messager arrive. Silairye se relève. Prenant à bout de doigts, le précieux vélin, il craint qu'il ne soit porteur de funestes informations. A la lecture des lignes, il pousse un soupir de soulagement.

— Que dis le message, père ?

Le monarque pose ses orbes cristallins sur sa tendre enfant.

— Va dire à ta mère, que Thémis et Céos sont sain et sauf.

Seul, Silairye pense à Elëren. La douleur qui doit être sienne, d'avoir perdu son épousée. Si lui-même n'éprouve rien pour sa femme, ce n'est pas le cas de son confident et ami.





Le temps du mythe s'achève : Azzura est sortie de son écrin de glace et la magie a refait surface, sur Rëa. Alors que Silairye se tient debout, devant la falaise, à observer l'océan déchaîné, Aneirin le rejoint.

— Mon cher époux, depuis sa mésaventure, l'héritière Aëhondariel n'est plus que l'ombre d'elle-même. Il serait peut-être temps de la remplacer par son puîné.  

Ses mots, pourtant légitimes, agace le roi. Même si la reine ignore les faits, les tragiques évènements que Thémis a vécus, ses remarques sont malséantes. Tandis qu'il se prépare à répliquer, sous le coup d'une juste colère, une vague immense emporte son épousée. Prisonnière de l'eau houleuse, la souveraine de ses terres ne peut rien faire. Pas même lorsque la lame aqueuse la frappe contre la falaise, violemment. Sous le choc, la mère de son enfant, tombe dans l'inconscience et coule comme une pierre.

— Aneirin !

Sans réfléchir, Silairye plonge. Les vagues, qui étaient jusqu'ici tempétueuses, s'apaisent, comme si elles répondaient aux sentiments même du puissant. Après une minute qui parue interminable, l'un de ses bras attrape Aneirin et la colle contre son buste. A la surface, il analyse la situation. Les berges sont trop éloignées. Les rochers tranchants des abords sont trop proches. S'il ne fait rien, ils se retrouveront empalées.

En réponse à sa fureur de vivre, un rouleau se crée, si haut, qu'il leur permet de passer par-dessus la falaise. En sécurité, et pieds à terre, la tête couronnée n'a rien compris. Sans se questionner plus sur ce mystère, il se penche sur le corps de son épouse. Il susurre son prénom. En vain. La monarque est sans connaissance. Se détournant de l'océan, Tel'Syar prend le chemin du retour, Aneirin dans ses bras.



Ambitions & Desseins


Silairye aimerait pouvoir contrôler son pouvoir car il craint que les vagues ne submergent des villes et villages.  
La pérennité de son peuple et sa sécurité.
Continuer de veiller sur ses proches et sa famille.




Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : En effet
Moultipass : Validé par Harden

Encore un eressae. Je les collectionne comme des pokemons **


Calim Al'Azran
◈ Missives : 2340

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim
◈ Crédit Avatar : Old man with a cane By Igor Babailov

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Lun 9 Mar 2020 - 20:16

Validé =p